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Aymeric Chauprade analyse le "mythe fondateur" du 11-Septembre



Source Agoravox


Aymeric Chauprade s’apprête à publier la nouvelle version de son ouvrage Chronique du choc des civilisations, qui s’annonce détonante. Le géopolitologue paraît avoir affermi ses convictions sur l’événement fondateur du XXIe siècle : le 11-Septembre. Dans un récent passage radiophonique, il a pu développer quelques-unes de ses idées fortes : le terrorisme international fabriqué, le rôle de l’Etat profond aux Etats-Unis, la guerre de l’information, la faillite des oligarchies mondialistes... Géopolitiquement incorrect ! Rarement un intellectuel de ce niveau aura lâché autant de bombes d’une telle intensité en l’espace d’une seule émission.










Aymeric Chauprade, né le 13 janvier 1969, est un écrivain, politologue et géopoliticien français. Élève et disciple de François Thual, il se rattache comme lui au courant réaliste. Suite à la publication de la première édition de son ouvrageChronique du choc des civilisations, il fut limogé sans ménagement de l’Ecole de guerre : un article de Jean Guisnel dans Le Point dénonça son chapitre introductif sur le 11-Septembre, trop complaisant avec les thèses "complotistes", et Hervé Morin, alors ministre de la Défense, le fit virer sur-le-champ. C’était en février 2009.


Aymeric Chauprade était le 24 août 2011 l’invité d’Emmanuel Ratier sur Radio Courtoisie, à l’occasion de la réédition (très augmentée, à 60% !) de son best-seller de géopolitique, déjà vendu à près de 20.000 exemplaires.

Petit balisage de cet entretien absolument passionnant

Après quelques minutes d’introduction, où il revient sur ses différentes fonctions professorales, puis les raisons de son éviction (9e-12e min), Chauprade s’exprime longuement sur le 11-Septembre et le "mythe" qui l’accompagne.

13e min : Il dit pourquoi le doute qu’il a exprimé est à ce point intolérable : "A partir du moment où on doute de la version officielle donnée par les autorités américaines, tout ce qui découle de cette version, de ce nouveau mythe fondateur, est invalidé."

14e min : Chauprade fustige le livre nullissime que Nicole Bacharan vient de sortir sur ce sujet, et plus généralement la mobilisation de l’émotion au détriment du raisonnement, dont les médias se rendent coupables lorsqu’ils parlent du 11-Septembre : "C’est la construction d’un mythe fondé sur l’émotion pour effacer la raison, pour effacer le raisonnement".

Remarque pertinente : les sceptiques usent bien souvent de leur raison, alors que les autres se cantonnent presque toujours dans le registre de l’émotion, ce qui rend le combat inégal :

"Ce sujet est très compliqué, car nous sommes à armes inégales : ceux qui cherchent à défendre - qu’ils aient tort ou raison - une autre interprétation d’une version officielle, établie, dominante, portée par les mass media, sont sur le registre de l’analyse ; ils analysent, essaient d’être dans la réfutation d’une thèse, au sens scientifique, en apportant des éléments fondés sur l’analyse rationnelle. En face, c’est le rouleau compresseur de l’émotion, qui écrase la raison..."

16e min : Chauprade nous livre la raison profonde de son combat, pourtant si rude, et peut-être perdu d’avance : "Il m’est absolument impossible de me respecter moi-même si je développe des raisonnements à partir de postulats que je considère comme faux."

20e min : Il insiste très pertinemment sur le fait que toute la géopolitique mondiale dépend aujourd’hui de l’interprétation que l’on fait du 11-Septembre. Pour les tenants de la version officielle, le monde est bipartite, scindé entre le camp du Bien, autour des Etats-Unis, et le camp du Mal, celui du terrorisme islamiste international, qui s’est substitué à l’Union soviétique.

Chauprade a une vision nuancée des relations internationales. Il ne nie aucunement l’existence de l’islamisme et "sa dimension jihadique inhérente, propre, autonome", mais il affirme qu’il a été "monté en puissance du fait du jeu de la CIA en particulier, et des outils du renseignement américain pendant la Guerre froide, et plus encore après la Guerre froide". "Le terrorisme, poursuit-il, est une fabrication essentiellement étatique, qui est exécuté par des opérateurs, des agents, souvent non-étatiques, mais qui est pensé, initié, piloté par des services de renseignement, quels qu’ils soient". Et de citer l’ISI, les services pakistanais, pour leurs opérations dans le Cachemire, ou la CIA pour sa stratégie de la tension en Italie dans les années 1970 et 1980 avec les réseaux Gladio.

25e min : Chauprade explique comment cette fabrication du terrorisme se passe pratiquement :

"Vous avez 2 ou 3 agents de la CIA, en l’occurrence, qui vont créer une cellule dans un milieu idéologique connu, qu’il soit d’extrême droite, d’extrême gauche... Ils s’infiltrent dans ces milieux, ils se font accepter tout en se faisant passer pour des militants idéologiques, et ils commencent à recruter des militants qui, eux, sont sincèrement des militants idéologiques, sur leur psychologie, pensant qu’ils peuvent les manipuler, et ils développent des cellules à l’intérieur desquelles les véritables militants idéologiques, d’extrême gauche, d’extrême droite ou islamistes, pensent sincèrement agir pour une cause de manière radicale, et ils vont aller poser des bombes, s’exposer eux-mêmes, alors que les initiateurs, le jour où la police arrête les exécutants, ont disparu dans la nature, et c’est exactement ce qui s’est passé avec les exécutants de l’attentat de Bologne..."

Le géopolitologue parle ensuite de "l’utilisation qui a été pensée, validée au plus haut niveau, depuis très longtemps, de l’islamisme comme un outil de guerre contre tous les compétiteurs géopolitiques des Etats-Unis, l’URSS durant la Guerre froide, mais aussi d’autres adversaires. Ça, c’était une politique officielle, validée au plus haut niveau, avec des services alliés comme les services pakistanais, les services saoudiens, et donc pendant la Guerre froide on s’appuyait sur ces cellules. Maintenant il faut distinguer cette politique de celle que j’appelle de l’Etat profond, c’est-à-dire un Etat dans l’Etat, qui s’est créé - à mon avis, c’est la thèse que je défends - dans l’appareil d’Etat américain."




27e min : Chauprade évoque ce thème mis en lumière par Peter Dale Scott dans La Route vers le nouveau désordre mondial, celui de l’Etat profond : "Dans l’Etat et les structures officielles, des réseaux se sont développés à travers le temps et sont passés en roue libre, de plus en plus, en commettant des actions qui n’étaient pas forcément validées par la chaîne hiérarchique jusqu’au plus haut niveau politique... On ne peut pas se représenter ce qui s’est passé si on ne comprend pas le concept d’Etat profond dans l’Etat officiel". Chauprade loue le travail "remarquable" de Peter Dale Scott.

29e min : Le géopolitologue considère ainsi qu’il est simpliste de dire que c’est la CIA - en tant qu’organisation officielle - qui commet des attentats ; il s’agirait plutôt d’une organisation dans l’organisation officielle...

Pour illustrer son propos, il remarque que lors des différents attentats qui ont touché l’Occident (le 11-Septembre, Londres...), des exercices anti-terroristes de grande ampleur menés par les structures officielles de renseignement et de sécurité étaient en cours :

"Dans le virtuel s’est lové le réel, et le réel a pu se produire parce qu’il y a des taupes dans l’Etat officiel, des réseaux organisés qui utilisent les moyens et qui jouent avec les exercices virtuels et les rendent en partie réels."

Et Chauprade de livrer l’exemple du 11-Septembre... rappelant que durant cette matinée, les contrôleurs aériens ont compté jusqu’à 21 avions détournés, ce à quoi plus personne ne comprenait rien : on ne savait plus distinguer le réel du virtuel, le vrai du faux.

Le 11-Septembre est ensuite replacé dans une perspective géopolitique plus vaste : il s’agirait, pour Chauprade, d’une tentative pour les Américains de reprendre la main sur une Histoire qui leur échappe.

31e min : Selon lui, les Etats-Unis, confrontés depuis la chute de l’URSS à la perspective d’un monde multipolaire, synonyme d’une perte mécanique de leur suprématie, ont accéléré leur stratégie d’unipolarité, de contrôle du monde et d’endiguement de leurs principaux adversaires géopolitiques (Chine, Russie), et de tout adversaire, y compris régional (comme le Vénézuela), qui pouvaient mettre un frein à leur stratégie de puissance, et ce par l’utilisation du terrorisme :

"Ces événements catastrophiques participent d’une volonté d’inversion de l’Histoire. On perd la main sur l’Histoire, on cherche à reprendre la main sur l’Histoire, en provoquant des catastrophes, qui permettent de réorienter l’Histoire, de reprendre la main dessus. On le fait notamment en frappant les consciences, par l’émotion, parce que les Américains contrôlent un outil essentiel, qui est celui de la guerre de l’information".

Les Américains disposent, non pas seulement du "hard power" (c’est-à-dire la puissance économique avec le dollar, et le pouvoir militaire avec la moitié du budget militaire mondial), mais aussi du "soft power" (le pouvoir de la culture), qui fabrique l’ennemi, façon Hollywood, le "bon" et le "méchant" (Milosevic, Kadhafi, Saddam Hussein...), toujours avec les mêmes grosses ficelles (les armes destruction massive, un peuple tout entier qui se dresse contre son dictateur...), et modèle les consciences.

Le terrorisme international serait utilisé, d’une part, comme un outil de "neutralisation des raisons, du raisonnement", et, d’autre part, comme "une arme de coalition" des alliés.

Dans la suite de l’émission, Chauprade évoque la crise financière, louant au passage le livre de Pierre Jovanovic sur Blythe Masters, et fustige l’oligarchie mondialiste.

"Les régimes sont quasiment tous oligarchiques, et les Etats-Unis sont gouvernés par une oligarchie WASP, d’autres origines dans les milieux de la finance... et cette oligarchie on peut l’opposer au peuple américain, qui travaille... Nous sommes en train de vivre la faillite de ce monde euro-atlantique, dominé par des oligarchies financières, mondialistes, la faillite des deux monnaies, dollar et euro : dollar parce que politique folle, euro car construction totalement artificielle. Cette faillite se produit au moment où la multipolarité géopolitique du monde s’installe, avec des puissances émergentes, la multipolarité monétaire, bref nous sommes dans un véritable changement du monde... Pour moi c’est la fin d’un monde."

Selon Chauprade, la mort de Ben Laden (sur laquelle il ne se prononce pas) signe la fin d’un cycle et probablement le début d’un autre, avec la possible création d’un nouvel ennemi à l’origine d’une nouvelle catastrophe (mais ce n’est qu’une hypothèse sur laquelle il reste prudent).

50e min : "La privatisation de la guerre est un point essentiel, qui nous ramène à ce que je disais à propos de la compréhension fine de ce que peut être le 11-Septembre. Si on ne prend pas en compte l’interaction profonde entre le privé et l’Etat officiel, entre l’aspect militaire privé et l’Etat officiel, on ne peut pas comprendre la substance de ce qu’est le terrorisme international aujourd’hui".

Comment Chauprade voit-il l’avenir ?

D’abord, "un épouvantail se prépare, parce qu’il a une importante fonction de mobilisation, coalisatrice autour des Etats-Unis". Ensuite, "je crois que les Etats-Unis, dans le cadre d’une stratégie visant à ruiner la multipolarité, et en particulier le rétablissement de la Russie et la croissance de la Chine, vont accélérer leur prise de contrôle des périphéries faibles, comme le monde arabe, les périphéries du monde russe et européen, là où il y a du pétrole, de l’énergie, et essayer, comme pendant la Guerre froide, où il y avait cette guerre par délégation dans le Tiers Monde entre l’URSS et les Etats-Unis, de la même façon les Américains, je crois, sont en train d’accélérer, par le changement de régime, la prise de contrôle des élites de demain des pays du Tiers Monde, pour éviter que ces élites puissent se tourner vers la Russie, la Chine, l’Inde, etc. Et ça, c’est un point capital. Ce qui est en train de se passer, les révolutions, le printemps arabe, comme dans toutes le révolutions, il y a une dimension spontanée, il y a de la frustration, il y a la fatigue des régimes, je ne suis pas en train de dire que les peuples soutenaient nécessairement les régimes en place, pas du tout, ce que je dis c’est qu’il y avait la fatigue, l’usure des régimes, et il y a les logiques qui ont allumé la mèche, et ce qui allume la mèche, c’est comme pour les révolutions colorées en 2003 en Géorgie, 2004 en Ukraine... je pense qu’il y a une dimension de révolution colorée en Tunisie, en Egypte, et dans la fabrication du soulèvement libyen à l’est..."

Autre enjeu essentiel de la géopolitique actuelle : le totalitarisme technologique des Etats-Unis

55e min : "On a de jeunes générations qui sont un peu tendues vers cet idéal, qui est une utopie, de la liberté totale par les nouvelles technologies à l’occidental, qui sont en réalité un leurre de totalitarisme, parce qu’ils sont en train de rentrer dans la gueule du loup : ils croient adhérer à la démocratie, mais ils sont en train d’entrer dans le totalitarisme invisible et mou du tout technologique, celui qui vous géolocalise à tout moment, à toute heure, vous réduit au rôle de numéro, et ça, c’est un enjeu essentiel de la géopolitique actuelle et qui, moi, me tient à coeur, parce qu’une des raisons fondamentales, au-delà de mon attachement à la civilisation européenne, à l’identité française et européenne, une des raisons fondamentales qui fait que je me battrai jusqu’au bout pour ce que je crois vrai, c’est que je pense qu’il y a vraiment un problème de totalitarisme, qui est le plus efficace parce qu’il n’est pas explicite, pas visible, qui est en train de s’installer à travers le pouvoir technologique des Etats-Unis."

"On est maintenant tracé, il y a une traçabilité des personnes, pas seulement des viandes congelées, c’est d’abord la traçabilité des personnes. Officiellement on fait des guerres pour exporter la démocratie et soi-disant libérer les peuples, et en réalité on est en train de participer à l’établissement d’un totalitarisme fondé sur la technologie, c’est un national-technologisme, concept sur lequel on devrait réfléchir... Heureusement qu’il y a les forces de la multipolarité pour lutter contre ça. Et même si ces forces me sont parfois étrangères en terme d’idéologie, moi je n’ai pas de sympathie particulière pour Chavez ou d’autres, mais ce qui est sain, c’est qu’il y ait une levée venant d’horizons idéologiques différents, de droite, de gauche, des forces multipolaires qui refusent cette unipolarité, parce que ça c’est la pire chose dans laquelle nous commençons à être encagés."

59e min : on interroge Chauprade sur Pearl Harbor et sa proximité avec le 11-Septembre. Il reste prudent, rappelant qu’il n’existe pas de consensus parmi les historiens sur le "laisser-faire" américain à Pearl Harbor. "Pour y avoir vraiment travaillé, j’ai une conviction très profonde sur le 11-Septembre, mais je n’ai pas suffisamment travaillé sur Pearl Harbor en tant qu’historien..." Il ne constate guère qu’une étrange régularité statistique, "une sorte de constante dans l’histoire américaine, où il y a un événement, une agression, et ensuite on déclenche une guerre..."

1h03 : Chauprade est interrogé sur la Russie, et considère que "l’élection de Poutine est au moins aussi importante que le 11-Septembre", car elle indique que nous prenons - sans doute irrémédiablement, quoi que fassent les Etats-Unis - la direction de la multipolarité.

1h07 : Chauprade considère que la phénomène géopolitique majeur auquel est confrontée l’Europe est la substitution de sa population.

1h09 : Quelques minutes sur la Chine... Si les Etats-Unis veulent contrôler les réserves mondiales de pétrole, ce n’est pas tant pour leur consommation, que pour contrôler celle des Chinois.

1h15 : Chauprade aborde le cas sensible de la Corée du Nord et de son arsenal nucléaire.

1h17 : Retour à la problématique de la "substitution de population en Europe de l’ouest", qui peut mener à "la fin de l’Europe". Chauprade espère un sursaut des Européens, mais avoue son pessimisme, tout en disant finalement croire à une réaction.

1h19 : Evocation du conflit libyen, de l’or, du gaz et du pétrole libyens, et de leur futur partage entre les puissances en guerre. Selon Chauprade, "c’est la guerre de Sarkozy" dont il compte tirer profit sur le plan intérieur. Il rappelle aussi que Sarkozy a rompu avec la tradition de la construction de l’Europe autour du couple franco-allemand, pour se rapprocher de l’Angleterre et faire primer la relation transatlantique.








***


Chauprade ne sait pas si ses analyses sont justes, il le pense mais n’en est pas sûr, il n’est pas un dogmatique. Je ne sais pas non plus si ce qu’il dit est juste. Mais ses analyses sont passionnantes, elles ont de quoi emporter la conviction, elles paraissent fondées, et méritent en tout cas d’être connues et débattues - loin de l’odieuse pensée unique qui règne sans partage dans notre microcosme politico-médiatique.

A écouter en complément : une autre récente intervention d’Aymeric Chauprade sur Radio Courtoisie, relayée par Hieronymus sur AgoraVox TV, également très riche, même si l’on y parle moins du 11-Septembre.





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Irak, de la dictature au chaos

Water Makes Money


Comment les multinationales transforment l'eau en argent.


Les groupes français Veolia et Suez sont les leaders incontestés du marché mondial de l’eau privatisée. Dès qu’une commune cherche à remanier sa gestion de l’eau, les deux plus importants groupes mondiaux se disputent le marché. Ils sont présents sur tous les continents et constituent un oligopole qui pèse sur toute la surface du globe. En France, ils approvisionnent près de 80 % de la population en eau. Water Makes Money retrace le processus qui a conduit à l’abandon des régies publiques, encouragé par « le droit d’entrée » : une pratique consistant, pour les opérateurs privés, à mettre à disposition des communes une confortable
somme d’argent afin de s’assurer la conversion au modèle du partenariat public-privé (PPP).

Ces mariages d’intérêt ne sont pas restés sans conséquences pour les usagers : factures en constante augmentation, canalisations non entretenues... La longue liste de doléances a incité certaines municipalités, à l’instar de Paris et Grenoble, à choisir la « recommunalisation » pour protéger la ressource en amont et offrir aux habitants un service de qualité.

En France, mais aussi en Allemagne, au Kenya ou au Guatemala, par la voix d’experts tels que Maude Barlow, lauréate du prix Nobel alternatif, d’élus locaux dont Anne Le Strat, adjointe au maire de Paris chargée de l’eau, et de représentants d’associations de consommateurs, Water Makes Money alerte sur les dangers liés à l’hégémonie de Veolia et Suez, qui se traduit par une présence grandissante des multinationales dans les médias, les partis politiques, les ONG et les universités… En éclaircissant les pratiques obscures des grands groupes privés et en montrant l’importance des décisions publiques, le documentaire Water Makes Money cherche à alimenter le nécessaire débat sur la gestion de l’eau, ressource vitale universelle et objet des prochains troubles mondiaux…

Un film citoyen

Water Makes Money a été financé à hauteur de 120 000 € grâce aux donations de différentes municipalités et de citoyens qui se battent pour leur eau. Chaque donateur (de plus de 20 €) est « copropriétaire » du film. Le but était non seulement de financer ce documentaire, mais aussi de réunir un grand nombre de « coproducteurs » qui se font ses porte-parole : l’eau doit rester dans le domaine public !















































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Fukushima, tragédie en sous-sol


Article source : Agoravox écrite par Olivier Cabanel




Plus de 5 mois se sont écoulés depuis la catastrophe de Fukushima, et les gouvernements, comme les lobbys n’en finissent pas d’agiter des écrans de fumée pour tenter de nous masquer une réalité de plus en plus préoccupante.
Dans une courte vidéo consacrée à Tchernobyl, il est intéressant de faire un parallèle avec la situation qui se déroule à Fukushima.
On y entend Giscard affirmer à plusieurs reprises : « je crois tout d’abord qu’il faut rassurer les Français (…) il y a un taux de radioactivité qui est faible et qui ne peut avoir de conséquences pour la santé de la population  ».
Il évoque au sujet de la centrale de Tchernobyl« une technologie rustique » ce qui n’est pas sans nous rappeler la déclaration de Nicolas Sarközi, lors de sa visite au Japon, vantant les mérites de l’EPR, affirmant qu’il est bien plus sur que les centrales japonaises.
« Si on a perdu des marchés et des appels d’offres, c’est parce qu’on est les plus chers. Et si on est les plus chers, c’est parce qu’on est les plus surs » a-t-il déclaré 3 jours après la catastrophe deFukushima. lien
Ce qui dénote d'un sérieux manque de diplomatie, et qui de plus est totalement erroné.
Comme le dit Marc Aroman du réseau « sortir du nucléaire" : « les centrales japonaises ont 5 barrières de confinement contre 3 en France (…) les entreprises qui ont construit les centrales nucléaires ont une avance nettement supérieure sur les technologies antisismiques »
Opale Crivello porte parole de cette organisation ajoute : « Fessenheim (et d’autres centrales françaises) ont un problème au niveau des coussinets des groupes électrogènes, sujets à une usure prématurée. En cas de coupure électrique, si ceux-ci ne tiennent pas, les conséquences pourraient être catastrophiques, une fusion partielle du cœur est possible ». lien
Et Jean Paul Biberian, ingénieur en Physique Nucléaire et Electronique, maitre de conférences de physique à la faculté des sciences de Luminy de conclure : « Personne n’est en mesure d’exclure l’hypothèse d’un accident (…) les centrales françaises ne seront jamais totalement sures (…) ne continuons pas le Concorde nucléaire, faisons l’Airbus des nouvelles énergies ». lien
On sait que ni le dernier « fleuron » l’EPR, ni les autres centrales, ou l’usine de la Hague, ne résisteront au crash d’un avion de ligne. lien
Mais revenons à Tchernobyl.
C’est ensuite Alain Madelin, alors ministre de l’industrie, des PTT, et du tourisme, qui prend la parole :
« Il faut dans cette affaire du nucléaire jouer complètement le jeu de la transparence (!) On s’aperçoit qu’il n’y a pas eu de maillon faible dans la sécurité des français, il y a eu un maillon faible dans la procédure de communication (…) je tiens à vous dire qu’il n’y a aucun problème de sécurité en France, aucun (…) nous n’avons rien à cacher, nous mettons cartes sur table (…) aucun risque sanitaire (…) aucune inquiétude à avoir ». puis on entend le Professeur Pellerin, responsable duSCPRI (service de protection contre les rayonnements ionisants) : « il s’agit d’une radioactivité qui est notable mais qui ne présente aucun inconvénient sur la santé publique, seulement on a fait tellement de catastrophisme sur le plan du nucléaire qu’on risque de déclencher des paniques (…) ça ne menace personne actuellement sauf peut-être dans le voisinage immédiat de l’usine, et encore c’est surtout dans l’usine que je pense que les Russes ont admis qu’il y avait des personnes lésées »
 A la question « est-ce qu’on a constaté quelque chose au dessus de la France ? » il répondait avec assurance et sérénité :
« Non, parce que les vents ne vont pas dans cette direction là, les vents tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, il y a pas lieu du tout de s’inquiéter, c’est sans aucun dangers pour la santé publique »
Quand à la ministre française de la santé de l’époque, elle prenait la défense du professeur Pellerin en disant : « ils ont travaillé comme des bêtes pendant un mois, seulement ce n’est pas leur métier de faire de la communication »
Alors on se demande ce que le professeur Pellerin faisait sur les plateaux de télévision martelant d’énormes mensonges avec la plus grande conviction ?
Dans ce court documentaire, une experte physicienne russe conclut : « Le plus dangereux isotope sorti du réacteur de Tchernobyl, ce n’est ni le césium, ni le plutonium, mais le mensonge (…) un mensonge qui s’est propagé comme la radioactivité dans notre pays et dans le monde entier ». lien
Mais revenons à Fukushima.
Les coriums des 3 réacteurs sont manifestement partis jouer les « filles de l’air », et pour bien en comprendre le danger, il faut savoir qu’il peut atteindre 3000°C (la lave d’un volcan est en moyenne à1000°C), faisant fondre la plupart des matériaux qu’il rencontre, détruisant tout sur son passage : il émet tellement de radioactivité (28 térabecquerels par kilo) que personne ne peut s’en approcher sans trouver la mort en quelques secondes.
Il faudra de longs mois pour amener la température du corium "à froid". (À Tchernobyl, il a fallu entre 6 et 7 mois, mais 18 ans après la catastrophe, on mesurait encore une température de 36° C à proximité du combustible fondu).
D’après de nombreux experts, la cuve du réacteur n°1 a été traversée dès le soir du 11 mars, et elle a traversé la dalle de 8 mètres d’épaisseur dès le 12 mars. lien
Sa vitesse de progression est inconnue, mais doit être assez rapide, et s’il s'est rassemblé, il a formé un puits d’environ 0,80cm descendant à la verticale, à moins qu’il ne se soit dispersé s’infiltrant dans des failles rocheuses, se divisant en multiples tentacules, ce qui lui ferait perdre de sa puissance.
Les experts pensent que le pire des cas serait que le corium s’enferme dans le béton, ou dans le sol, ce qui lui permettrait de conserver son intégrité, augmentant le nombre de neutrons récupérés, le rendant inaccessible, et donc quasi impossible à refroidir.
Un autre risque existe, en cas de Melt-through, (syndrome chinois) il peut fragiliser les fondations des réacteurs, provoquant des failles supplémentaires dans le béton des constructions, laissant s’échapper les milliers de litres d’eau encore présente dans la centrale et menaçant la stabilité des bâtiments. lien
Cerise sur le gâteau, comme la centrale n’est qu’à 200 mètres de l’Océan, si le corium rencontre la nappe aquifère en relation avec la mer, la contamination pourrait durer des dizaines d’années, polluant pour longtemps l’ensemble du littoral oriental du Japon.
Les trois coriums de Fukushima représentent 257 tonnes émettant donc plus de 7 millions deterabecquerels. lien. (Celui de Tchernobyl était estimé à un maximum de 80 tonnes).
Il faut aussi se souvenir que le corium du réacteur n°3 contient 300 kg de plutonium. lien
Le 4 aout, (lien) la caméra de surveillance a filmé un énorme dégagement de fumée, et de lumières intenses, puis la même situation s’est produite le 13 aout (lien) le 14 aout (lien) et le 18 aout (lien) (à partir d’une 1’10’’)
Pour beaucoup d’observateurs, il est évident que ces dégagements de vapeur radioactive et de lumières intenses sont provoqués par le corium, chaque fois qu’il rencontre de l’eau. (lien)
Dans ces dégagements de vapeur, on trouve du Neptunium, ce qui est la preuve d’une réaction nucléaire en cours, ce Neptunium-239 a une période de 2,4 jours, et se transforme en Plutonium 239, d’où le fort dégagement de chaleur, lorsque ces matières radioactives atteignent des poches d’eau. lien
Un ouvrier de Fukushima témoigne :
« Des vapeurs massives sortent des fissures de la terre (…) et il semble que la réaction nucléaire arrive du sous-sol. Nous évacuons : prenez garde à la direction du vent (…) nous avons peur ! ». lien
Un autre ouvrier ajoute :
« Prés des réacteurs, il y a beaucoup de fissures dans la terre, la vapeur sort de la, et nous avons découvert 10Sv/h à 6 endroits différents, malgré les annonces du gouvernement ». lien
Alors, lorsque ces jets de vapeur se produisent, les ouvriers sont obligés d’évacuer les lieux, pour échapper au danger radioactif. lien
Paul Gunter évoquant le syndrome chinois, déclare : « 1000 rems sortent de ces fissures (500 rems c’est la dose mortelle) (…) la dose maximale pour le public c’est 100 millirems par an, et là, c’est 1 million de millirems par heure ! Ce sont des doses létales qui sortent du sol.
Ils cherchent à contenir cet accident en construisant des tentes par-dessus les réacteurs, ce qui est un peu absurde et montre qu’on est à un point où on emploie des mesures désespérées.
Mais maintenant la vapeur radioactive remonte du sol par des fissures autour des constructions, ce qui signifie que cet accident est maintenant clairement, sérieusement, bien plus hors de contrôle que ce qu’on veut bien admettre ». vidéo
Pas étonnant dès lors qu’avec les quantités de radioactivité que délivrent chaque jour depuis plus de 5 mois les 3 réacteurs en fusion de Fukushima, les médecins aient détecté de l’iode radioactif dans les tyroïdes de nombreux enfants Japonais. lien
Devant cette situation ingérable, le gouvernement Japonais veut manier une fois de plus la censure, et prépare une révision de la constitution visant à limiter le droit d’expression en cas de catastrophe naturelle.lien
La désinformation continue de plus belle, comme par exemple ces « scientifiques » affirmant que l’on peut boire du plutonium sans danger. lien
Pourtant chacun sait qu’un microgramme de plutonium inhalé peut tuer un être humain en moins de 30 jours. lien
Alors que certains n’hésitent plus à évoquer un génocide (lien) ils sont de plus en plus nombreux à réclamer l’évacuation du Japon. lien
Pour l’expert Christopher Busby, en terme de taux de radioactivité, la situation dans les rues de Tokyoest comparable à celle de Tchernobyl. lien
Mais le silence médiatique mondial continue, puisqu’après le nouveau séisme d’une force de 6,8 qui s’est produit le 19 aout, on pouvait entendre sur l’antenne d’Europe 1, et ailleurs, que cela n’avait pas eu d’incidence sur la centrale nucléaire. lien
Donc, tout va bien…
Car comme dit mon vieil ami africain :
« Le malheur peut être un pas vers le bonheur ».
L’image illustrant l’article provient de « stupiditiz.com »

Surface Libre ?

Un liquide dans un récipient, en prend toujours la forme, il n’a donc pas de forme propre.
Lorsqu’il est au repos, sa surface est toujours plane et horizontale : on dit qu’il a une surface libre.
Mais là n'est pas la question...