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Sarkozyland : les affaires du moment II/V : Y a-t-il une affaire Carla Bruni ?


Article source d'Agoravox écrit par Imhotep


C'est Marianne qui, après une longue et fouillée enquête, a levé le lièvre. Il semble bien qu'en Sarkozyland on mélange les genres et que les conflits d'intérêts ainsi que les pompes à phynances ne fassent pas peur. Evidemment quand il s'agit de la femme de mon mari chouchou, jeune mère de famille, au visage de mannequin de cire, on est tenté de lui donner le Bon Dieu sans confession et on hésite à croire que pour elle aussi, les arrangements entre amis c'est une manière de vivre.

Ce que nous révèle Marianne, et qui n'est pas une mince affaire, c'est en fait une sorte de mélange des genres sur dos d'humanitaire avec une action quais nulle dans le domaine de la fondation de cette dernière et l'utilisation de fonds de la lutte contre le SIDA pour enrichir des amis proches de Carla Bruni.

Il y a donc deux aspects. D'un côté la fondation Carla Bruni, adossée à la Fondation de France avec une aide du château (on se demande du reste pourquoi les Français subventionneraient les activités de la femme de son mari, sachant que cette subvention de l'Elysée de concerne pas l'activité humanitaire de la fondation mais la partie blabla de la femme de son mari). De l'autre il y a l'ambassadrice du fonds mondial des Nations Unis pour la lutte contre le Sida. Ce dernier fonds est financé en grande partie par la France et est dirigé, avant sa future éjection déjà programmée, par un médecin français Michel Kazatchkine. Ce fonds a été crée à l'initiative de Jacques Chirac afin que les médicaments qui sont au nord soignent les malades qui sont au sud.

Carla Bruni est visiblement, sincèrement attachée à cette cause, son frère ainé étant mort du Sida. Cependant, un peu à l'image de qui vous savez, elle ne maîtrise pas certains propos comme : plus aucun enfant porteur du VIH à la naissance d’ici à 2015 à travers le monde (phrase que l'on imagine bien absurde tellement c'est impossible et montre le degré de conscience de celle qui la prononce) car l'objectif principal est d'éviter la transmission du virus de la mère à l'enfant à naître. La France fondatrice de ce fonds y verse 360 millions d'euros par an, deuxième contributeur après les USA qui en verse 1 milliard.

A la suite d'un audit concernant l'évaporation de fonds notamment dans quatre pays (Zambie, Mali, Mauritanie et Djibouti) on se rend compte que des proches de Carla Bruni ayant semble-t-il pour l'un d'entre eux, même un bureau à l'Elysée, il s'agit de Julien Civange, mélangent allègrement les genres passant de la Fondation à leurs sociétés commerciales et ont touché sans appel d'offre des sommes plutôt rondelettes.
Julien Civange possède plusieurs sociétés dont Mars Browser (mais à bien les pieds sur terre) et RH et Cie qui gère une marque : Born HIV free.

De ce côté-ci voici deux scandales assez ignobles. Ce petit gars a décidé de déposer la marque Born HIV free. Comment peut-on oser déposer une marque commerciale pour une action humanitaire ? Si cela n'est pas profondément dégueulasse j'aimerais savoir ce qui l'est. Ce dépôt de marque a ensuite permis deux entourloupes : l'exclusivité donc de sa promotion et le financement sans appel d'offre par ce fonds mondial. En gros, selon Marianne, ce seraient au total 3,5 millions de dollars qui auraient suivis des circuits non conventionnels dont sans doute 1,7 millions pour Civange.

Interrogé par Marianne, Michel Kazatchkine confirme : « Carla Bruni m’a personnellement dit qu’elle avait totalement confiance en Julien Civange auquel elle avait délégué le dossier du sida. Elle m’a demandé de passer par lui pour tout ce qui concernait le sida ; c’est avec lui, et à sa demande, que j’ai traité. On a donc signé les différents contrats que Civange m’a apportés pour le site de la fondation de Carla Bruni, pour des agences de communication dont Mars Browsers, ou pour différentes opérations, dont le projet Born HIV Free. »

En revanche, Michel Kazatchkine affirme que, s’il n’a pas prévenu le conseil d’administration, il a néanmoins tenu informé le comité financier de ces subventions qu’il considère comme « légales et transparentes, à part deux appels d’offres effectivement non conformes avec Julien Civange ». Il nous dit aussi ne pas connaître les méandres des montages financiers complexes par lesquels l’argent du Fonds mondial passait pour servir l’image ou la communication de la première dame de France.

Le scandale est découvert et les américains premiers contributeurs demandent de régler cela au plus vite. Le messager, l'ambassadeur auprès de l'ONU un certain Debré de la famille pléthorique et présente partout Debré, est démissionné. A l'Elysée c'est un peu la panique : Parallèlement, l’ambassadeur Patrice Debré est brutalement démissionné par l’Elysée mi-décembre 2011 et remplacé au conseil d’administration du Fonds mondial par une diplomate française chevronnée, Mireille Guigaz. Enfin, l’Elysée fait interrompre tout lien financier entre Carla Bruni et le Fonds mondial (le contrat Born HIV Free est stoppé comme le contrat pour le site personnel de Carla Bruni-Sarkozy). Nicolas Sarkozy lui-même demande à sa femme de mettre en veilleuse sa fonction d’ambassadrice de la lutte contre le sida.
Vous noterez que ce qui lie l'Elysée à la fondation de Carla Bruni, celle de l'illettrisme est aussi stoppé.

Ce qui est certain c'est qu'à nouveau notre image est atteinte comme le dit un perfide habitant de la blanche Albion : « Ce qu’il y a de grave dans cette affaire, c’est que la France, le président Sarkozy, Carla Bruni-Sarkozy et Michel Kazatchkine étaient à la fois juges et parties. La France est le deuxième principal bailleur du Fonds mondial, Carla Bruni en est l’ambassadrice, “Kaza” le dirige et cela sert à financer la communication de la première dame ! C’est un mélange des genres déjà très critiquable. Si, en plus, la procédure d’attribution n’est ni transparente ni conforme, c’est un vrai scandale. Après la chute de Dominique Strauss-Kahn, la démission d’un second Français à la tête d’une importante organisation internationale pourrait un peu plus ternir l’image de la France.  »

Ayant déposé la marque Civange a pu recevoir les fonds pour la promotion de l'idée sans appel d'offre. Or comme personne n'a été au courant d'une opération personne n'a pu proposer d'idées différentes. De toutes façons qui, à part des ploutophages invétérés, oserait déposer une marque pour un profit personnel ? On peut comprendre le dépôt mais pour le fonds et non pour une société de droit privé au profit d'intérêts particuliers. On reconnaît là bien la marque de ce Sarkozyland.

Mais il y a un autre scandale. Numérama nous révèle que le site de la fondation de Carla a coûté, pour ses pages concernant le SIDA, une somme rondelette de plus de 130 000 euros payée à la société la Fabrique du Net, dont le propriétaire est un ami de Civange et payée par le même fonds. Numerama : Dans un article publié vendredi, Mediapart révèle que le Fonds mondial de lutte contre le sida a versé 132 756 euros à une entreprise baptisée La Fabrique du Net, "pour réaliser la partie « lutte contre le sida » du site Carlabrunisarkozy.org". De quoi nous donner l'envie de creuser...

Cette société, comme toute bonne entreprise spécialisée dans le web, ne semble pas avoir son propre site internet. Il s'agit d'une SARL unipersonnelle fondée en 2009 et gérée par son associé unique, Jérôme Blouin. Un professionnel de la pub et du marketing qui a fait ses armes principalement chez FKGB et Heaven/Edelman. […]

Concrètement, la partie "lutte contre le Sida" du site de la Fondation, qui a donné lieu au versement de 132 756 euros par le Fonds mondial de lutte contre le Sida, compte 6 pages principales sans fioritures, réalisées sous le système open-source Wordpress. Les deux plus complexes sont la galerie, qui compte 46 photos légendées, et la page "actualités" qui compte également 52 billets sur l'actualité de la Fondation en matière de lutte contre le sida. La plupart de ces billets sont composés d'un seul paragraphe de quelques lignes accompagné d'une photographie. Ils ont été rédigés entre décembre 2008 et décembre 2011. Soit une moyenne de 17 billets par an.

Chacun jugera de la proportion du devis, accepté sans appel d'offres. Et de l'opportunité humaniste de facturer une prestation que beaucoup auraient probablement accepté de réaliser bénévolement, pour apporter leur pierre à la lutte contre le HIV.

Pour terminer voici le jugement de Marianne sur les activités de la fondation de Carla Bruni : Deux années et demie après sa création, le bilan de la Fondation Carla-Bruni- Sarkozy contre l’illettrisme est aussi léger que son articulation avec la présidence de la République est opaque. Carla Bruni semble s’y être en fait peu intéressée, même avant sa maternité. Côté financement, Carla Bruni n’a guère su mobiliser les donateurs en dépit de ses promesses (à part quelques millionnaires individuels et entreprises captives, dont les dirigeants sont des proches du président Sarkozy, comme LVMH, Lagardère ou Madame Figaro).

Quant aux actions menées, les témoins et les associations interrogés sont au mieux dubitatifs, au pis, ulcérés. « Pour moi, ils ne font rien. Aucun projet n’a abouti depuis trois ans. C’est de la peopolisation », confirme l’un des meilleurs spécialistes de l’illettrisme en France. Quant à l’ambassadrice de la lutte contre le sida, son bilan est plus critique encore : le mélange des genres et l’opacité des financements du Fonds mondial discréditent de toute façon son action. Chaque année, Michelle Obama rend publics les comptes de ses activités au dollar près, et un ouvrage bilan est édité (Report To The First Lady). On est loin de cette transparence en France. 

Que peut-on en dire ? De l'incompétence, de l'insouciance de la part de Carla Bruni ? L'habitude que l'on a le droit de tout mélanger, business et humanisme, amis et fonds publics ? En revanche on ne peut que condamner les amis Civance et Bouin, avides d'argent en suçant les fonds d'une cause qui mérite bien mieux qu'eux.

Prochain épisode : III/V Les détournements de fonds des contrats d'armements

Il nous reste un peu plus de trois mois pour nous débarrasser de ce pouvoir. Faisons notre Révolution en 2012, et avant si possible.


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Si vous êtes intéressés par les textes ci-dessous, vous pouvez les retrouver en cliquant sur les liens et ce totalement gratuitement car il est hors de question que je touche un Kopek sur le dos de la Sarkozye qui, étant le règne du bling bling et de l’argent roi et corrupteur, sera combattue par son contraire : la gratuité (ou en compensation faire un don à Agoravox ou vous abonnez à Médiapart). Pour simple information, si vous êtes sur iPhone ou iPad, sans flash, en haut de la page dans le bandeau vous pouvez télécharger les textes en pdf, et pour tous les diffuser le plus possible autour de vous. Pour le télécharger il y a un onglet sous le texte. Il faut vous inscrire à Issuu ce qui permet aussi de télécharger tous les textes nombreux et intéressants de ce site. Sinon vous pouvez toujours vous désinscrire ensuite. Si tout cela vous gêne je pourrais vous les envoyer par e-mail (imhotep.forumlogos@free.fr). Le texte sur Woerth est régulièrement mis à jour (aujourd’hui 20é version du 6 décembre 2011) :
 N’oublions jamais :
  • l’affaire Karachi
  • l'affaire Takieddine (patrimoine de 40 m€ non imposé, Karachigate, SAWARI II, MIKSA (350 millions d'euros), contrats avec la Libye notamment d'espionnage de la population avec l'appui d'une entreprise française et commissions occultes, tractations obscures avec la Syrie, la protection qu'il a ou a, eu selon Mediapart, de la DGSE
  • l’affaire GDF
  • l’affaire Tapie, enrichie d'évasion fiscale du magot vers la Belgique
  • l’affaire Clearstream
  • l’affaire Bettencourt
  • les affaires Wildenstein
  • l'affaire César
  • l'affaire Pleyel
  • l’affaire de Compiègne
  • l’affaire Peugeot
  • l'affaire Abdallah Senoussi, bras droit de Kadhafi, patron des services spéciaux libyens et beau-frère de Kadhafi, condamné à une peine de perpétuité en France dans l'affaire de l'attentat contre le DC10 d'UTA et visé depuis lors par un mandat d'arrêt international., que Guéant et Sarkozy ont tenté de protéger
  • les affaires Djourhi, Takieddine
  • les possibles malettes de Bongo pour financer la campagne de 2007
  • les micros partis de Copé, Wauquiez, Woerth, Sarkozy etc.
  • l'affaire du Fetia Api
  • les discours de Caen, Metz, Nice, du bois de Boulogne, Dakar, Riyad, Latran et du Puy en Velay, la lettre de Guy Môquet, le parrainage d'un enfant de la Shoa, sur la mort de Ben Laden
  • l'invitation des dictateurs pour le 14 juillet, celle de Kadhafi avec les ors, le tapis rouge, les petits plats dans les grands, celle d'El Assad en décembre 2010, le copinage avec Dos Santos, les silences sur le Tibet, le Darfour, le prix Nobel de la paix, la présence l'ouverture des JO de Pékin et le fils Louis dans les bras de Poutine
  • les fils Pierre et Jean invités dans les voyages officiels à l'étranger (Mexique, Maroc) alors qu'ils ne représentent aucun intérêt pour le bien de la nation.
  • la gestion catastrophique de la crise Géorgienne (le Russes y sont encore et ont implanté des bases de missiles), celle de la crise financière, celle de l'Europe, celle des révolutions tunisienne et égyptienne, le fiasco libyen, l'inaction en Syrie
  • l’affaire de la Jatte, du Fouquet's payé par Desmarais, du Paloma payé par Bolloré, de la villa mexicaine, de Wolfeboro payé par les dirigeants de Prada et Tiffany, des repas au Bristol 2 fois par semaine, du voyage en Egypte, celle du stylo …
  • l’affaire Pérol
  • l'affaire Yannick Blanc
  • l’affaire de l’Epad (et du scooter)
  • Gandrange
  • les vaccins du virus H1N1
  • les accords entre l'UMP et le Parti Communiste Chinois, l'UMP et la mairie de Paris pour payer les frasques de Chirac, l'envoi par l'UMP des bulletins d'adhésion aux restaurateurs dans la période de la baisse de la TVA à 5,5 %
  • les affaires Yade, Boutin, Copé, Juppé, Joyandet, Bertrand, Blanc, Estrosi, Lefebvre, Santini, Proglio, Amara, Laporte, Péchenard, Mitterrand, Ouart, Solly, Soubie, Richard, Fillon, Squarcini, Marleix, Charon, Longuet, Bachelot, Mignon, Morano, Giacometti, Besson, Courroye,Tron, Laroque (Baroin), Guéant (contrats avec la Libye), Dupuydauby, Fontaine, Ceccaldi Raynaud, fils Tibéri …
  • l'utilisation du contre-espionnage pour des affaires privées
  • l'utilisation de l'Elysée pour recevoir les caciques de l'UMP et les satellites jusqu'à plusieurs fois par semaine, l'utilisation des moyens de l'Etat pour la propagande et pour préparer et faire la campagne du candidat Sarkozy, la proposition de Sarkozy à Lauvergeon d'une prime de 2 ans de salaires comme si Aréva lui appartenait et qu'il sortait l'argent de sa poche
  • les légions d'honneur (Servier, Widenstein, Desmarais, Frère, Maistre, Bourgi, Richard, Peugeot etc.)
  • l'Air Sarko One (250 millions d'euros dont 50 % de dépassement selon René Dosière) et ses deux fours à plus de 131 000 € (TTC et avec l'étude), le cocktail de New York à 400 000 euros, le dîner pour l'UPM à 1 million d'euros, les 4 X 4 Nissan de Megève
  • la proposition de loi sur la déchéance de la nationalité française et son extension, et le débat sur la nationalité, le fichier EDVIGE, Wauquiez et son cancer de la société, le RSA
  • l’affaire de la rémunération illégale de septembre au 31 décembre 2007 (rémunération comme ministre de l'intérieur alors que Nicolas Sarkozy est président), l'augmentation stratosphérique, le divorce, le mariage, l'inscription hors délai sur les listes électorales, la déclaration des impôts en retard, le tout illégal ou non pénalisé
  • la circulaire Hortefeux, ses amitiés avec Takieddine, ses déclarations d'Auvergnat, celles de Guéant dont celles répétées sur l'échec scolaire des enfants d'immigrés, l'autre récidiviste, celles de Guaino (béatification, prison, etc.)
  • la nomination à la têtes des chaînes audio et vidéo publiques par le pouvoir
  • la réforme constitutionnelle
  • les ministres aussi maires ou élus, le mélange des genres, la non séparation de l'exécutif et du législatif avec le retour sans élection des députés virés du pouvoir 
  • l'irresponsabilité pénale du Président de la république
  • la position d'Hortefeux dans la condamnation des 7 policiers, et ses deux condamnations à lui
  • l’affaire des sondages
  • les classements du parquet
  • le site France.fr (des millions d'euros pour rien)
  • les évictions des préfets pour crimes de lèse-pelouse ou de sifflets
  • la paralysie des villes et les moyens de quasi guerre (2 000 CRS pour 600 habitants par exemple) au coût pharaonique pour les déplacements du président
  • l’affaire de l’espionnage des journalistes par le contrespionnage
  • l’affaire de la validation des comptes de campagne de Balladur et de Chirac
  • la scientologie
  • l'affaire Servier dont Nicolas Sarkozy a été l'avocat. Coût 1,2 milliards à la Sécurité Sociale en plus des morts.
  • l'affaire Bongo
  • la proposition de MAM d'aide à Ben Ali et son pouvoir pendant la révolte tunisienne, les lacrymos et son voyage entre Noël et le jour de l'an et ses quatre mensonges fondamentaux, les petites affaires des parents, et Ollier (ses amitiés libyennes en plus), l'utilisation de la Libye et du Japon par Nicolas Sarkozy pour raison électorale
  • les vacances de Fillon payées par Moubarak dont la clique a détourné plus de 45 milliards de $ et dont 3 ministres ont été arrêtés pour corruption et détournement de fonds publics, et sa justification, celles Sarkozy au Maroc. Et la Ferrari prêtée en 2009 en pleine crise à Fillon, ses voyages à 27 000 € pour retourner en Sarthe alors que le train met 1h20
Vignette salon de l'agriculture






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Sarkozyland, les affaires du moment III/V : Les détournements de fonds des contrats d’armements


Article provenant d'Agoravox écrit par Imhotep


Le titre de Mediapart ne fait pas dans la dentelle : Affaire Takieddine : 82,6 millions d'euros détournés par les balladuriens. Vous avouerez que cette information n'a pas fait la une des journaux et n'a pas encore déclenché de plainte en diffamation, pourtant ce n'est ni du conditionnel ni de l'interrogatif mais bien du passif affirmatif.

C'est donc dans un long article que Mediapart révèle que le clan de Balladur aurait mis en coupe réglée la France au travers, non d'un contrat d'armement, mais pas moins de quatre, et ce au travers de Takieddine et autres intermédiaires imposés.

Ces informations ne découlent pas seulement de déclarations mais de recherches poussées de la justice française. Selon Mediapart les deux ministres Léotard et Sarkozy sont impliqués. Et les sommes ne sont pas anodines : Au total, selon les documents de l’enquête consultés par Mediapart, 82,6 millions d’euros ont été effectivement versés au réseau d’intermédiaires formé par les hommes d’affaires Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir. D’après les documents comptables (rapports financiers, comptes bancaires, déclarations fiscales) réunis par la Division nationale des investigations financières (Dnif), 32,4 millions d’euros ont été versés avant le 23 avril 1995, jour du premier tour de l’élection présidentielle pour laquelle avait concouru le premier ministre Edouard Balladur.

Cette enquête qui par tous azimuts est effectuée par les juges Van Ruymbeke et Le Loire. Nous avons aussi vu récemment que celle-ci était attaquée en nullité par les avocats de Takieddine et des autres mis en examen comme Gaubert, Bazire, enfin les amis de Sarkozy.

Les quatre marchés visés par les investigations judiciaires sont :

  • Agosta : contrat de vente de trois sous-marins au Pakistan, signé le 21 septembre 1994.
  • Sawari 2 : contrat de vente de deux frégates à l’Arabie saoudite, signé le 19 novembre 1994.
  • Shola/Slbs : contrat d’armement des frégates saoudiennes, signé le 30 janvier 1994.
  • Mouette : contrat de réhabilitation de frégates vendues à l’Arabie saoudite dans les années 1980, signé le 30 janvier 1994.
Les magistrats suspectent aujourd’hui qu’une partie de cet argent noir ait pu alimenter des financements politiques occultes, notamment la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, voire d’éventuels enrichissements personnels.

On découvre que l'arrivée de ces intermédiaires dans tous ces contrats étaient non seulement inutile mais en plus nuisible. Les sommes en jeu sont colossales, en particulier avec le contrat Sawari II il s'agit non moins de 213 millions ! Lorsque Chirac met le holà il n'y aura eu que moins d'un million de versé. En ce qui concerne Agosta ces intermédiaires sont arrivés alors que les négociations étaient closes ! Donnedieu de Vabres, mis en examen, a reconnu dans un second temps qu'il avait bien imposé ces intermédiaires après l'avoir nié, tout comme Takieddine avait nié avoir touché des commissions.

On découvre qu'avant le premier tour de la présidentielle de 1995 ce ne sont pas moins de 20,3 millions touchés dès février ce qui représente 60 % de la commission totale ce qui ne se fait jamais, les commissions étant payées au pro rat des versements des clients.

L’argent occulte du contrat Agosta a transité par une société-écran de la Direction des constructions navales (DCN), domiciliée au Luxembourg. La création de cette structure offshore, baptisée Heine, a déjà défrayé la chronique puisqu’elle a été supervisée et validée par le ministre du budget du gouvernement Balladur, Nicolas Sarkozy.

Grâce aux perquisitions menées en France et aux retours de commissions rogatoires internationales diligentées en Irlande et sur l’île de Man, les juges ont aujourd’hui la preuve que 20,3 millions d’euros – une partie des fonds promis au réseau Takieddine/El-Assir - ont été débités, le 7 février 1995, d’un compte de la DCN-International pour atterrir sur celui de Heine, avant de rebondir immédiatement vers l’île de Man, au profit d’une autre société-écran de la DCN, Formoyle.

L’argent a finalement été encaissé trois jours plus tard, le 10 février, sur le compte en banque ouvert dans une banque du Liechtenstein par la société Mercor, dont le bénéficiaire économique est Abdul Rahman El-Assir
.

Mais cette tragique et honteuse histoire rocambolesque au détriment des Français (n'oublions jamais que deux études de l'été 1994 démontraient que la vente se faisait à perte et en concluaient qu'il ne fallait pas la faire en plus de l'instabilité politique entre l'Inde et le Pakistan, ce qui veut dire concrètement que ce sont les Français qui ont financé une partie des sous-marins et l'intégralité des pots-de-vin et rétro-post-de-vin avec la complicité active, déterminée et rapide de ce pouvoir en place) ne s'arrête pas là et pourrait atteindre Villepin : Le couperet chiraquien tombe en juillet 1996 pour le réseau K : fin des paiements. Un ancienne responsable de la Sofresa, Arlette Gaillon, a d’ailleurs raconté aux policiers en septembre dernier être allée à Genève « dans un cabinet de notaires ou d’avocats » pour y « détruire » les contrats du réseau K qui dormaient dans un coffre-fort. « C’était une révolution à l’époque de déchirer des contrats de commissions en cours d’exécution », a-t-elle indiqué aux enquêteurs.


Les tractations qui s’en suivent, et aboutissent au paiement d’une compensation non négligeable de 91 millions d’euros, ont été dissimulées par les acteurs jusqu’à une période récente. Ce nouveau volet de l’enquête pourrait mettre à mal les responsables politiques, qui après avoir stoppé les commissions, auraient validé ce scénario, en particulier MM Jacques Chirac et Dominique de Villepin.
Le RPR et l'UMP sont deux fabriques d'escrocs semble-t-il. Pouvoir & Pognon.

Prochain épisode : IV/V Areva l'Elysée a-t-il voulu privilégier les intérêts privés au détriment de la France ?

Il nous reste un peu plus de trois mois pour nous débarrasser de ce pouvoir. Faisons notre Révolution en 2012, et avant si possible.
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 N’oublions jamais :
  • l’affaire Karachi
  • l'affaire Takieddine (patrimoine de 40 m€ non imposé, Karachigate, SAWARI II, MIKSA (350 millions d'euros), contrats avec la Libye notamment d'espionnage de la population avec l'appui d'une entreprise française et commissions occultes, tractations obscures avec la Syrie, la protection qu'il a ou a, eu selon Mediapart, de la DGSE
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  • l'affaire César
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  • l’affaire Peugeot
  • l'affaire Abdallah Senoussi, bras droit de Kadhafi, patron des services spéciaux libyens et beau-frère de Kadhafi, condamné à une peine de perpétuité en France dans l'affaire de l'attentat contre le DC10 d'UTA et visé depuis lors par un mandat d'arrêt international., que Guéant et Sarkozy ont tenté de protéger
  • les affaires Djourhi, Takieddine
  • les possibles malettes de Bongo pour financer la campagne de 2007
  • les micros partis de Copé, Wauquiez, Woerth, Sarkozy etc.
  • l'affaire du Fetia Api
  • les discours de Caen, Metz, Nice, du bois de Boulogne, Dakar, Riyad, Latran et du Puy en Velay, la lettre de Guy Môquet, le parrainage d'un enfant de la Shoa, sur la mort de Ben Laden
  • l'invitation des dictateurs pour le 14 juillet, celle de Kadhafi avec les ors, le tapis rouge, les petits plats dans les grands, celle d'El Assad en décembre 2010, le copinage avec Dos Santos, les silences sur le Tibet, le Darfour, le prix Nobel de la paix, la présence l'ouverture des JO de Pékin et le fils Louis dans les bras de Poutine
  • les fils Pierre et Jean invités dans les voyages officiels à l'étranger (Mexique, Maroc) alors qu'ils ne représentent aucun intérêt pour le bien de la nation.
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  • l'utilisation du contre-espionnage pour des affaires privées
  • l'utilisation de l'Elysée pour recevoir les caciques de l'UMP et les satellites jusqu'à plusieurs fois par semaine, l'utilisation des moyens de l'Etat pour la propagande et pour préparer et faire la campagne du candidat Sarkozy, la proposition de Sarkozy à Lauvergeon d'une prime de 2 ans de salaires comme si Aréva lui appartenait et qu'il sortait l'argent de sa poche
  • les légions d'honneur (Servier, Widenstein, Desmarais, Frère, Maistre, Bourgi, Richard, Peugeot etc.)
  • l'Air Sarko One (250 millions d'euros dont 50 % de dépassement selon René Dosière) et ses deux fours à plus de 131 000 € (TTC et avec l'étude), le cocktail de New York à 400 000 euros, le dîner pour l'UPM à 1 million d'euros, les 4 X 4 Nissan de Megève
  • la proposition de loi sur la déchéance de la nationalité française et son extension, et le débat sur la nationalité, le fichier EDVIGE, Wauquiez et son cancer de la société, le RSA
  • l’affaire de la rémunération illégale de septembre au 31 décembre 2007 (rémunération comme ministre de l'intérieur alors que Nicolas Sarkozy est président), l'augmentation stratosphérique, le divorce, le mariage, l'inscription hors délai sur les listes électorales, la déclaration des impôts en retard, le tout illégal ou non pénalisé
  • la circulaire Hortefeux, ses amitiés avec Takieddine, ses déclarations d'Auvergnat, celles de Guéant dont celles répétées sur l'échec scolaire des enfants d'immigrés, l'autre récidiviste, celles de Guaino (béatification, prison, etc.)
  • la nomination à la têtes des chaînes audio et vidéo publiques par le pouvoir
  • la réforme constitutionnelle
  • les ministres aussi maires ou élus, le mélange des genres, la non séparation de l'exécutif et du législatif avec le retour sans élection des députés virés du pouvoir 
  • l'irresponsabilité pénale du Président de la république
  • la position d'Hortefeux dans la condamnation des 7 policiers, et ses deux condamnations à lui
  • l’affaire des sondages
  • les classements du parquet
  • le site France.fr (des millions d'euros pour rien)
  • les évictions des préfets pour crimes de lèse-pelouse ou de sifflets
  • la paralysie des villes et les moyens de quasi guerre (2 000 CRS pour 600 habitants par exemple) au coût pharaonique pour les déplacements du président
  • l’affaire de l’espionnage des journalistes par le contrespionnage
  • l’affaire de la validation des comptes de campagne de Balladur et de Chirac
  • la scientologie
  • l'affaire Servier dont Nicolas Sarkozy a été l'avocat. Coût 1,2 milliards à la Sécurité Sociale en plus des morts.
  • l'affaire Bongo
  • la proposition de MAM d'aide à Ben Ali et son pouvoir pendant la révolte tunisienne, les lacrymos et son voyage entre Noël et le jour de l'an et ses quatre mensonges fondamentaux, les petites affaires des parents, et Ollier (ses amitiés libyennes en plus), l'utilisation de la Libye et du Japon par Nicolas Sarkozy pour raison électorale
  • les vacances de Fillon payées par Moubarak dont la clique a détourné plus de 45 milliards de $ et dont 3 ministres ont été arrêtés pour corruption et détournement de fonds publics, et sa justification, celles Sarkozy au Maroc. Et la Ferrari prêtée en 2009 en pleine crise à Fillon, ses voyages à 27 000 € pour retourner en Sarthe alors que le train met 1h20
Vignette salon de l'agriculture



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Voilà maintenant le nom de Nicolas Sarkozy sur les listes ! On ne peut plus attendre : Jean-Louis Gergorin transmet anonymement les listes au juge Van Ruymbeke.

L'hebdomadaire "Le Point" en fait sa Une en juillet 2004. Le feuilleton médiatique commence alors que le juge découvre que les documents sont faux. Entièrement faux ? L'affaire se retourne contre ses initiateurs.

Deux procès vont avoir lieu. Mais un mystère plane toujours autour du mobile du falsificateur Imad Lahoud. Pourquoi a-t-il fait cela ? A-t-il agi seul ?













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En janvier 2004, Jean-Louis Gergorin est définitivement convaincu que la mort de Lagardère s'explique par les systèmes de corruption.

Il se rend au Quai d'Orsay pour s'entretenir avec Dominique de Villepin. Son but est le lancement d'une enquête afin de trouver l'assassin et nettoyer le système.

Or quelques jours plus tard, Imad Lahoud apporte de nouveaux listings Clearstream où apparaît un autre réseau de corruption.

Celui-ci mène tout droit à la "guerre des droites" de 1993 à 1995, à un trésor de guerre supposé des balladuriens aux méandres de l'affaire Karachi.














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Imad Lahoud démontre à Jean-Louis Gergorin que des mouvements suspects sur le titre Matra ont bien eu lieu dans les semaines précédant la mort de Jean-Louis Lagardère. Comment ? Grâce aux listings Clearstream.

Ceux-ci laissent apparaître le nom d'Alain Gomez, le P-Dg de Thomson.

Mais voilà qu'au fil des jours, d'autres noms surgissent, comme celui d'Andrew Wang, l'intermédiaire de Thomson dans le contrat des frégates de Taiwan...














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La DGSE commence à sérieusement douter d'Imad Lahoud.

Or, en mars 2003, Jean-Luc Lagardère, le patron de EADS, décède subitement.

Profondément ébranlé par la mort de son patron, Jean-Louis Gergorin soupçonne un assassinat.

Pour tenter de comprendre sa paranoïa , il faut revenir sur une décennie de restructurations de l'industrie française d'armement.





Manipulation, une histoire française - Au commencement, le troisième homme [1/6]


Pierre Péan et Vanessa Ratignier marchent sur les pas des deux personnages clé de l'affaire Cleastream, Imad Lahoud, ancien trader et Jean-Louis Gergorin, stratège chez EADS.

En mai 2002, Imad Lahoud sort de prison.

Descendu au plus bas de l'échelle sociale après une affaire d'escroquerie, il va néanmoins opérer une ascension fulgurante au sein des services secrets français...














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Pour trouver Ben Laden qu’il a promis à Rondot, Lahoud a besoin de l’annuaire des comptes bancaires de la « chambre de compensation » Clearstream.

C’est l’instrument mis en place par toutes les banques du monde pour centraliser et mémoriser l’ensemble des opérations de transferts de capitaux sur Terre. Un journaliste en a décrypté les mécanismes : Denis Robert. Son livre, publié en 2001, décrit comment ce système peut être détourné pour blanchir l’argent sale. Commence un interminable harcèlement judiciaire, dont il sortira la tête haute. Un nouvel informateur, Florian Bourges, transmet au journaliste un listing de comptes datant de septembre 2001. C’est ce dernier qu’Imad Lahoud récupère auprès de Denis Robert en février 2003…












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Article source d'Agoravox écrit par Denis Robert





Note pour mes amis et les amis de mes amis qui ont la mémoire embrouillée et me demandent des détails sur les jugements de la cour de cassation qui viennent de tomber. D’abord vous dire qu’ils mettent un terme à une longue bataille judiciaire et qu’ils m’enchantent.

Depuis dix années que Révélation$ est sorti (28 février 2001), de nombreuses plaintes ont été déposées contre mon éditeur, les chaînes qui ont diffusé mes films, de nombreux journaux et contre moi. Une soixantaine en tout, dans plusieurs pays, en comptant les procédures pénales et les constitutions de partie civile.
Parmi ces plaintes, une dizaine émanait de la Banque Générale de Luxembourg et une vingtaine a été lancée par la Menatep une banque russe liée à la mafia. Je peux dire que globalement j’ai gagné tous ces procès.
La Chambre de Compensation luxembourgeoise Clearstream a diligenté une grande partie des autres procédures. Leur stratégie a été essentiellement basée sur la calomnie, une extrême mauvaise foi, le harcèlement, l’acharnement et l’intimidation.

Cette stratégie, loin du droit, échoue lamentablement aujourd’hui, pour laisser place à la justice et au journalisme. Une victoire sans tambour, ni trompette. Une victoire gravée dans le marbre. Un souvenir de victoire bientôt. Peu importe. Cette décision ouvre d’intéressantes perspectives. Clearstream ne pourra plus faire comme avant…
Une vingtaine de plaintes ont été déposées par la multinationale en France, en Belgique, au Luxembourg, occasionnant des centaines de visites d’huissiers à mes domiciles. Passé les limites, je ne compte plus.

J’ai perdu quelques procès (en particulier pour des interviews à des journaux, je pense à Sud Ouest ouVSD). J’en ai gagné (Nouvel Obs, le Point, « Tout le monde en parle » sur France 2). J’aurais pu et j’aurais dû, si j’avais eu les moyens financiers, aller systématiquement pour toutes ces procédures jusqu’à la Cour de Cassation. Je ne l’ai fait que pour trois d’entre elles. Les plus importantes à mes yeux, puisque ces procédures concernaient les deux livres originelles « Révélation$ », la « Boîte Noire » et « Les dissimulateurs », mon premier documentaire sur l’affaire.

Passons sur « Clearstream l’enquête » qui a occasionné une condamnation symbolique (mais onéreuse en frais de procédure) à Luxembourg, pour nous intéresser au reste…
Pour « Révélation$ » et « Les dissimulateurs » (mon premier documentaire diffusé en février 2001), j’ai été condamné en diffamation à hauteur d’un euro symbolique de dommages et intérêts en mars 2004, puis (en appel) à 1500 euros en octobre 2008, sans compter les frais de procédure.

Pour « La Boîte Noire » (sorti en octobre 2002), Clearstream a été déboutée et condamnée à me verser 3 500 euros de dommages et intérêts en première instance. Devant la Cour d’Appel (Paris, octobre 2008), j’ai été condamné à 1500 euros, sans compter les frais de procédures et de publication des décisions.
Je me suis pourvu en cassation. J’ai pris cette décision contre l’avis de nombreuses personnes, dont mon éditeur, Les Arènes et la chaîne Canal + qui ont refusé de poursuivre les procédures. Je ne les accable pas. De leur place, il leur était sans doute difficile d’aller au bout de la bataille à mes côtés. Certains auraient lâché avant.
Dans les jours qui ont suivi les décisions de la Cour d’appel, Clearstream a acheté une page dans le Monde pour proposer une transaction qui consistait à accepter ces condamnations contre la non-exécution des arrêts. En gros, le non paiement des sommes auxquelles j’étais condamné.

Il était impensable d’accepter un tel compromis, de renier mon travail, mon enquête. Il était indispensable sur les principes qui fondent ce que doit être le journalisme, de me battre jusqu’au bout pour obtenir une décision reconnaissant le droit. J’étais prêt à aller jusqu’à la Cour Européenne des Droits de l’Homme s’il le fallait.

Je savais ce que j’avais vu et fait. J’avais intégré les enjeux de cette bataille. Un système financier sain au départ a été dévoyé, ouvrant d’incroyables possibilités de dissimulation. Mon enquête était, est, restera fondée. Mes écrits reposent sur des documents, des courriers, des listings, des microfiches, des témoignages filmés. Des éléments suffisamment probants qui ont permis de mettre à jour des comptes non publiés produisant de l’opacité, un système d’effacement de traces de transactions, la probabilité très forte d’une double comptabilité, des liens présumés entre Clearstream et l’Eglise de scientologie, l’hébergement de banques mafieuses, l’utilisation de Clearstream pour la mise en œuvre d’opérations occultes, l’absence totale de transparence et de contrôle, la complicité des auditeurs, le licenciement du personnel qui refusait de procéder à des manipulations comptables et de publier des bilans de fait maquillés… Mon enquête et la simple lecture de mes documents montraient, montrent que cette firme abritait plus de 6000 comptes ouverts dans des paradis fiscaux. Parmi ces comptes, des sociétés off shore, mais aussi des filiales de banques respectables. J’ai révélé que des multinationales pétrolières, agroalimentaires ou industrielles avaient également ouvert des comptes discrets à Clearstream. J’en passe et des dizaines.

Au delà du coup de projecteur sur cette firme, l’ensemble de ce travail explicitait les dérives inquiétantes du système financier international et révélait les contours d’une finance véritablement parallèle.

J’en savais beaucoup et je ne voulais pas me taire. Je restais persuadé que les juges de la Cour d’Appel ne m’avaient pas jugé comme il le fallait au vu des éléments du dossier.

L’appui de mes amis du comité et des mille huit cent quatre vingt six personnes ayant soutenu ce qui devenait un combat de longue haleine ont été déterminants.

Canal plus et mon éditeur ont été condamnés à mes côtés, mais Clearstream s’est retournée systématiquement vers moi. Le but n’était pas tant l’argent que la volonté de m’étouffer financièrement, de m’empêcher de poursuivre mes recherches et de me défendre.

Le moment de bascule a été l’affaire pénale dite « Clearsteam 2 ». Celle mettant en cause Dominique de Villepin.
Clearstream s’est constituée partie civile dans cette procédure concernant les listings truqués. J’ai été mis en examen pour vol et recel en fin d’année 2006. Dès lors sans que je m’en rende compte, la suspicion a changé de camp. Les communicants de la firme et leurs avocats ont habilement utilisé cette seconde procédure pour influencer les juridictions dans les procès qui m’étaient faits.

Clearstream me présentait comme le pivot de cette nouvelle affaire qui n’avait aucun lien avec les litiges nous concernant. Tenter de ridiculiser mon travail ne suffisait plus, il fallait pratiquer l’amalgame et la confusion.
Combien de fois ai-je entendu les avocats de la firme ou des journalistes malveillants se moquer de « mes erreurs », m’appeler le « falsificateur » ou le « conspirationniste ». Tout cela a joué. Comme ont dû jouer les articles fielleux écrits par des procureurs à moustaches, des éditorialistes à deux balles, des concierges du net. Je sais, je ne devrais pas. Mais bon. Je pense aussi à certains politiques qui m’avaient épaulé et qui soudainement ont baissé les yeux.

J’ai arrêté mon blog. J’ai arrêté le contact frontal. Je suis resté zen. J’ai attendu que ça passe. J’ai été relaxé en janvier 2010. Cette décision pénale est définitive.

Pour le reste, j’ai attendu que des magistrats jugent, tranquillement. Loin du tumulte. C’est ce qui vient de se passer.

La Cour de cassation est la plus haute instance judiciaire française. Le dernier recours avant la Cour européenne des droits de l’homme. Je l’avais envisagé.

Chacun des trois arrêts qui me libère aujourd’hui et accable Clearstream est rédigé dans des termes clairs, précis et sans ambiguïté. La Cour de Cassation « autorise » les propos et les imputations contenues dans mes deux livres et mon documentaire.

La Première Chambre Civile de la Cour de Cassation, se fondant sur l’article 10 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, a rendu trois arrêts qui sonnent le glas à mes ennuis et ouvrent des brèches importantes chez ceux qui m’attaquaient.

C’est fondamental. Ça fera jurisprudence.

Les arguments retenus par la Cour de Cassation sont intégralement ceux développés par mes défenseurs Michel Zaoui et Bénédicte Litzler au cours de ces dix années. Pour des raisons de procédure, nous nous sommes adjoint un avocat à la Cour de Cassation, Denis Carbonnier. Il s’est aussi battu à nos côtés. Il s’agit d’une reconnaissance de la qualité de leur travail et du mien.

La Cour de Cassation a annulé mes trois condamnations du 16 octobre 2008 pour diffamation. Elle a explicitement reconnu « l’intérêt général du sujet » et le « sérieux de mon enquête ».
Tout le monde peut maintenant citer partout ce que j’avais écrit.

Dix ans pour mesurer l’aveuglement du dirigeant de Clearstream qui a porté plainte à l’origine contre moi. Ses successeurs n’ont pas démontré plus de clairvoyance puisqu’ils ont régulièrement relayé et encouragé ces plaintes.
Je ne sais pas ce que deviendront les informations contenus dans mes livres et mes films. Je ne sais pas ce que les Allemands qui ont racheté Clearstream en 2002 (suite à mon enquête) et qui ont forcément constaté ces dérives ont fait. La justice luxembourgeoise étant peu équipée pour traiter ces sujets et la justice européenne encore défaillante, je crains que le combat pour mettre un peu de rationalité et de contrôle dans cette banque des banques soit encore long. Pourtant ici plus qu’ailleurs, la question de la régulation du capitalisme se pose. Je rappellerai ce chiffre : Clearstream a annoncé en 2010 plus de dix trillions d’euros de valeurs enregistrées dans ses comptes. Dix mille milliards d’euros.

Pour revenir aux arrêts de la Cour de Cassation, toutes les demandes de Clearstream à mon encontre sont définitivement rejetées. Ils sont condamnés à me verser la somme de 9 000 euros au titre des frais de procédure et à me rembourser le montant de mes précédentes condamnations aujourd’hui annulées.

En ce qui concerne le préjudice financier et moral subi par moi pendant ces années, les trois affaires sont renvoyées devant la Cour d'Appel de Lyon. Je vais demander réparation aux dirigeants de la firme.
Par leur harcèlement, leur entêtement, leurs mensonges, leur acharnement judiciaire, Clearstream et ses communicants sont responsables de dix années à bien des égards perdues.

La crise financière étant passée par là, on voit bien les raisons politiques et financières qui les ont amenés -par tous les moyens- à me faire taire. Ils n’y sont pas parvenus.

Au final, toute mon enquête est entièrement validée. Les arrêts sont définitifs et sans recours pour Clearstream.
Merci du fond du cœur à tous ceux qui m’ont soutenu. Et vous êtes nombreux. Je ne me suis jamais senti seul ou angoissé pendant ces années. Et ça je vous le dois.












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Surface Libre ?

Un liquide dans un récipient, en prend toujours la forme, il n’a donc pas de forme propre.
Lorsqu’il est au repos, sa surface est toujours plane et horizontale : on dit qu’il a une surface libre.
Mais là n'est pas la question...